Réflexions personnelles
Publié le 19/11/2009 à 21:48 par julienbahain

Le sujet fait débat et il m'interpelle fortement. C’est avec un sentiment profond de malaise que j’ai éteins ma télévision après le match qui opposait la France à l’Irlande pour une place en Coupe du Monde 2010 de football. Un match disputé au cours duquel les Irlandais ont su prouver leur valeur face à une Equipe de France souvent dépassée.
Ce fameux but accordé à la France sur cette « main de dieu » d’Henry me laisse perplexe et me révolte. Je suis devenu fou dans au fond de mon canapé !
En tant que sportif, je ne peux admettre que gagner se résume à tricher. Car il s’agit bien de triche ici. Je suis atterré par l’image qu’un Thierry Henry, adulé par les jeunes et les moins jeunes, donne de lui-même et de son sport. Je ne suis pas particulièrement amateur de football mais je reconnais que ce sport est un moyen fort de réunir toute une nation autour d’un même événement, autour d’une seule et même envie : voir son pays briller au plus haut sommet du sport. Mais que penser d’une victoire arrachée sur une double main ? Quelles valeurs du sport défendons-nous en acceptant cela ? Quelle beauté du sport et de la victoire en retirer ?
Le football, sport universel et pratiqué par des millions de personnes, montre que gagner peut être synonyme de tricher. Je ne peux accepter que le sport en soit réduit à cela.
Le fairplay sportif aurait voulu que ce cher Thierry Henry, sauveur de la France du football, reconnaisse sa faute de suite face à des joueurs Irlandais et des millions de téléspectateurs consternés par une supercherie évidente. Le sort des Bleus en aurait peut-être été changé ou pas… mais le malaise et la polémique n’aurait pas été de la partie. C’est tout le monde sportif qui prend un coup au moral en voyant un match, qui aurait du être un moment fort, tourné au déni et à la triche.
Que faire face à de tels problèmes ?
Je me prononce clairement en faveur de l’arbitrage vidéo. Je ne comprends même pas pourquoi le football s’y oppose encore avec autant d’acharnement. Au nom de l’équité pour tous les footballers ? Les petites rencontres de rugby ne sont pas arbitrées par vidéo… et cela ne pose aucun souci pour autant
On relance par là, une fois de plus, le débat, mais l’on peut faire le constat que presque tous les sports de haut niveau sont aujourd’hui assistés par la technologie. Quand il s’agit de précision, d’enjeu, de rapidité, de complexité du sport, il est évident que le seul regard humain ne peut en percevoir le moindre détail : vidéo-finish au vélo ou à l’aviron, assistance au rugby, capteurs de lignes au tennis,… . Bref les exemples ne manquent pas !
C’est tout de même bien dommage que nous en soyons rendu là et cela me met mal à l’aise!
Vive le sport !
Publié le 14/10/2009 à 20:03 par julienbahain
Voici une courte réflexion faisant suite à un certain nombre de questions concernant mon projet pour Londres 2012 et mon départ pour Toulouse. En effet, une question redondante concerne mes études.
Ce projet ne met-il pas en péril mes études et mon diplôme d'ingénieur ?
Cette question en contient en fait deux.
La première est de l'ordre du court terme. Il me reste un an de cours pour valider mon diplôme avant de partir en stage de fin d'étude. Je finis donc sur l'année 2009/2010 mon cursus à Compiègne avant de partir pour Toulouse où je pense pouvoir trouver un stage dans le domaine de l'ingénierie. Pas de changement de ce côté...mon diplôme d'ingénieur est en bonne voie.
La deuxième est plus compliquée et je suis en pleine réflexion sur ce thème. En effet, dans la foulée de ce stage, que vais-je faire de mon diplôme d'ingénieur sur l'année et demi restante ? Je souhaite pouvoir être détaché à plein temps pour préparer les Jeux... il va donc falloir gérer cette période pour que ma formation garde de la valeur. Je pense pouvoir trouver des accords sur place. L'autre solution sera de reprendre une formation en parallèle pour occuper mon temps libre sans avoir trop de contraintes...
Bref...un projet en constante évolution sans pour autant brader mon avenir

C’est avec beaucoup d’émotion que je vous annonce une décision personnelle qui ne fut pas simple à prendre. J’ai en effet décidé de prendre ma licence à l’Aviron Toulousain pour les 3 prochaines années dans l’optique de préparer les Jeux de Londres en 2012.
C’est un ensemble de facteurs qui m’ont poussé à sauter le pas. Cela a d’abord débuté par une discussion entre Cédric Berrest, mon coéquipier depuis 5 ans maintenant, et notre entraineur Christine Gossé. La question qui en est ressortie est la suivante : comment devenir Champion Olympique dans l’état actuel de notre pratique en France ? Nous allons devoir nous battre contre des nations semi-professionnelles voire professionnelles. Le constat est donc simple. Il nous faut mettre toutes les chances de notre côté et ne se focaliser que sur notre objectif : Londres 2012.
De là, différentes pistes de travail ont été explorées et suite aux championnats du monde il y a un mois, le club de Toulouse nous a contactés afin de nous proposer un projet.
Ce projet se présente de la façon suivante :
- un sponsor privé, JD Promotion, s’engage à nous soutenir financièrement sur les 3 prochaines années
- du matériel de haut niveau sera acheté afin de permettre à Cédric et moi-même de ramer ensemble (en double et en individuel)
- le club de l’Aviron Toulousain s’engage dans une politique sportive forte autour de nous deux
- une communication intense sera réalisée au cours de ces 3 années
- un dialogue privilégié est engagé entre la mairie de Toulouse, le club et les industriels de la région toulousaine afin de nous offrir des possibilités d’emplois correspondant à notre niveau d’étude en ingénierie et même de nous permettre d’ouvrir de nouvelles portes (brevet de pilote,…)
- un partenariat sera créé entre l’Aviron Toulousain et Angers Nautique Aviron
C’est avec ces données que j’ai pris la décision de « quitter » mon club de toujours, mon club de cœur, Angers Nautique Aviron. Il m’a fallu faire la part des choses entre l’aspect sentimental et l’aspect personnel, propre à mon projet et au sens que je souhaite donner à ma pratique de l’aviron. Comme l’a très bien compris mon club d’origine, mon projet prend une autre tournure. Je ne quitte pas le club par mécontentement. Ils m’ont accompagné jusqu’où ils le pouvaient, nous avons avancé ensemble pendant 9 années au cours desquelles Angers Nautique a évolué grâce à des personnes impliquées, professionnelles et passionnées. J’ai été formé et j’ai tout appris là-bas. Je n’ai fait qu’apporter ma petite pierre à l’édifice et rendre un petit peu de ce que j’ai reçu. C’est aussi au tour de jeunes montants de jouer leur rôle de moteur. Mais pour autant, je tiens à garder ce lien privilégié avec tout un club que j’affectionne, une ville et une région dans lesquelles j’ai créé des liens particuliers et uniques car je suis avant tout angevin d’origine.
Il me fallait faire un choix à un moment clé de ma carrière de rameur qui ne durera pas éternellement. Nous ne savons pas si cela est ou non la bonne solution, mais nous allons tenter de mettre toutes les chances de notre côté avec en ligne de mire l’Or Olympique en 2012.
Nous espérons aussi que ce projet donnera à l’aviron une nouvelle dimension dans un sport qui se doit d’évoluer et que d’autres sponsors, d’autres initiatives pour d’autres rameurs viendront prochainement.
Publié le 31/12/2008 à 12:00 par julienbahain
Un petit mot pour finir 2008 et commencer 2009. Cette année fut riche à tous points de vue. Riche en émotions avec une saison sportive plus que bien remplie. Des moments uniques et inoubliables qui resteront à jamais dans nos mémoires. Riche en partage. J'ai plus que jamais eu l'impression de partager ma passion, mes résultats avec vous tous. Cette médaille aux Jeux a été une occasion unique de pouvoir dépasser ma simple pratique et de donner du rêve et du bonheur autour de moi.
Cette année fut aussi riche en épreuves et en difficultés, qu'elles soient d'ordre personnelles ou collectives avec mes coéquipiers. Mais j'ai pu apprendre de tout cela et je sais aujourd'hui qu'en croyant en soi, on peut tout réussir.
C'est un grand merci que je vous adresse. Vous savoir à mes côtés dans cette aventure, c'est aussi un moyen d'avancer toujours "plus vite, plus haut et plus fort". J'ai apprécié partager ces moments avec vous.
Rendez-vous en 2009. L'aventure continue...
Bonne année à toutes et à tous
HAPPY NEW YEAR
Publié le 19/10/2008 à 12:00 par julienbahain
Publié le 14/10/2008 à 12:00 par julienbahain
Certains se posent peut-être la question de savoir ce que fait un rameur après une saison olympique?
Il est vrai qu'après 6 mois à vivre à l'heure des Jeux et 4 années à les préparer, la "vie normale" doit reprendre son cours. Les sollicitations ont été multiples sans compter celles que j'ai volontairement provoquées!!! Cette période a été l'occasion de rencontrer des personnes de tous horizons, de redescendre sur terre, de me rendre compte qu'au delà de la médaille et du résultat en tant que tel, nous avons fait vibrer les gens. Pékin dans les tribunes, la France derrière son poste de télévision, c'est là qu'on réalise que ce qu'on a fait dépasse le simple cadre de notre sport. J'ai aimé entendre ces mots "vous nous avez fait vibrer" ou "vous nous avez donné du rêve". Pour la plupart, ces personnes ne connaissaient rien à l'Aviron. Mais ce lien invisible a été crée le 17 Août dernier à 17h40 en France.
Je repars pour Londres, avec en tête l'Or Olympique. Je veux me donner du rêve et en donner aux autres.
J'avais ouvert ce blog pour Pékin. Devant l'ampleur du soutien et des connections, je vais garder le contact plus loin que la Chine. Peut-être par l'intermédiaire d'un site internet plus complet d'ici peu. Je pense que ce lien doit perdurer.
Merci à vous....tout simplement. J'espère vous avoir donner envie de nous suivre aussi dans les étapes qui jalonneront notre quête olympique de 2012 lors des Championnats du Monde et des Coupes du Monde tous les ans.
Finalement, j'en ai oublié la question première...qu'est ce que je deviens depuis les Jeux??
J'ai commencé à travailler en entreprise pour un stage d'un semestre au Team Lagardère Paris en tant qu'ingénieur. L'entraînement a lui aussi repris. J'avoue volontiers que cela est difficile de reprendre aussi rapidement, avec pour objectif les Mondiaux en Août 2009 à Poznan.
J'ai eu une grosse période de démotivation complète suite aux Jeux. Les Championnats d'Europe m'ont relancé mais la fatigue mentale est encore présente et il faut maintenant être vigilant surtout avec la reprise sur les deux tableaux (Sport+Études).
La suite pour moi est assez simple. Se remettre en forme, une petite Tête de Rivière (6km) à
Angers le 9 Novembre, un test ergométrique (machine à ramer) à l'Open Concept 2 le 7 décembre.
Je veux reprendre en ayant du plaisir à réattaquer la saison. 4 ans c'est long et cours à la fois...
Publié le 15/05/2008 à 12:00 par julienbahain
Après quelques recherches, il n'existe aucun Docteur Maignard inscrit à l'ordre des médecins. Je trouve dommage qu'il faille passer par une fausse identité pour déclamer des propos qui sont humiliants et anti-sportifs. Mon blog n'est pas non plus le lieu de règlements de compte.
À bon entendeur, salut.
Fin de l'histoire.
Publié le 14/05/2008 à 12:00 par julienbahain
Certains auront pu lire le commentaire du Dr Maignard et je me permets de vous donner ma réponse à ses questions pour vous éclairer aussi sur le problème:
Bonjour,
j'ai bien lu votre message et je vais essayer d'y répondre le plus objectivement possible. Mais avant tout, j'aimerais vous dire que je trouve votre discours très désobligeant vis-à-vis d'un rameur qui n'a plus rien à prouver en terme de confiance et de résultat. Dire explicitement, qu'un athlète est "un simulateur" (pour vous citer) ou qu'il "triche" est tout simplement inadmissible, surtout lorsqu'on est en dehors du problème et qu'on a pas une vision globale du sujet. Je ne referai pas le palmarès de jean David Bernard, ce n'est pas là le problème.
J'ai cru entendre que Jean David Bernard allait remonter dans le 4X???
Effectivement, Jean David (Bernard) est réessayé lors de la prochaine étape de la Coupe du Monde à Lucerne fin mai
Pourquoi un tel athlète contourne toujours le système de sélection?
Cet athlète n'a pas contourné le système de sélection. Il a effectivement été blessé en Avril 2006 (deux fractures de fatigue aux côtes..non simulées!) et cette année, il a vraiment eu un coup de moins bien. Je me permettrais juste de rappeler qu'en 2005, Adrien Hardy a fait forfait pour maladie (personne n'a remis en cause sa maladie) et il prend sa place dans le 4X qui pour sa 1ère sortie internationale termine 5ème en Finale du Mondial au Japon.
Je vais rapeler aussi, que le parcours de sélection ne s'arrête pas aux Championnats Bateaux Courts. L'ensemble des tests hivernaux, des stages, des compositions essayées, est une donnée aussi importante voire plus importante. Vous dites aussi clairement qu'il a parfois eu sa place dans des "bateaux n°1" sans pour autant la mériter. Dites cela à Jean Baptiste Macquet en 2006 qui est Champion du Monde en double. Le choix de mettre le 2ème avec le 5ème s'est fait au delà d'un simple résultat en skiff. Que dire du Quatre Sans PL en 2006...?? et pourtant les résultats sont là. Et nous n'y trouvons rien à redire car les résultats sont là en fin de saison. Point final.
Un bateau long n'est pas un bateau court. Jean David Bernard a contribué à 200% à l'élaboration de ce Quatre de Couple Vice Champion du Monde l'an passé. A 31 ans, il bat son record ergométrique, il est devant certains de nous sur les TDR, sur les 500m effectués en stage, sur les B3, B4... . je crois simplement que vous n'avez pas toutes les cartes pour juger et si vous regardez les résultats des Championnats Bateaux Courts d'un athlètes qui après plus de 11 de Haut niveau a parfois des coups de moins bien, c'est sur que vous y verrez peut-être des choses qui ne sont pas en adéquation avec votre vision de la sélection. Mais il n'en reste pas moins qu'il est l'un des meilleurs et chaque fois qu'il s'est aligné, il a été finaliste...
De plus, son résultat n'est peut-être pas très parlant en Coupe du Monde. Pour une 1ère sortie internationale, il fait 21ème mais est ce que Pierre Jean Peltier a su faire mieux après 2 ans de participation en skiff en Coupe du Monde. Le niveau est très élevé en skiff. Ce n'est pas facile (je sais de quoi je parle) surtout en cette année olympique.
Je pense qu’il avait la pression et qu’il n’a pas su gérer la pression (si il ne sait pas gérer la pression lors d’un championnat de France, alors qu'est ce que ça sera lors d'une finale olympique???
La question et la aussi très désobligeante. Jean David Bernard est déjà 2 fois médaillé mondial, de nombreuses fois médaillé en Coupe du Monde, finaliste olympique. Celui qui a le moins d'expérience dans ce bateau ce n'est certainement pas lui. C'est certainement moi-même..et on ne m'enlève pas la nage du Quatre pour autant! Je ne vais pas me permettre de juger les résultats des uns ou des autres. Mais la question n'est pas là. Elle est dans ce que l'un ou l'autre (Bernard ou Peltier) peut nous apporter pour gagner en Août. Je ne cherche pas à faire monter Jean David dans le bateau parce que c'est mon ami! détrompez-vous. Nous pensons qu'il a des qualités qui feront que nous serons dans l'excellence le 17 Août 2008. Et nous voulons le vérifier. Si ce n'est pas le cas (car chaque année est différente) nous savons maintenant qu'avec Pierre Jean Peltier, le bateau va vite aussi. Mais n'oubliez pas non plus qu'il y a dans le Quatre, les 3 meilleurs individualités françaises, dans un bateau qui travaille ensemble depuis 4 ans maintenant. C'est évident que ce bateau ne peut faire qu'avancer dans le bons sens!!
Mais je n'ai aucun doute dans le capacité de Jean David Bernard à gérer une finale Olympique au moins aussi bien que la finale de l'année dernière. L'aspect psychologique dans un bateau est aussi à prendre en compte. La confiance faite au rameur est aussi un gage de résultats performant au bout.
Une chose m'interpelle quand je vois votre finale, votre enlevage? Il m’a semblé inexistant ? Vous n’avez pas essayé de réduire l’écart avec les Allemands ou de leur penser devant ?
Dire que nous n'avons pas essayer est encore une fois bien réduire notre travail. Malgré une ossature de bateau qui est la même que l'an passé, les sensations sont différentes. Nous sommes néanmoins médaillés et c'est sûr qu'il nous reste des choses à améliorer. Nous ramons dans cette composition que depuis 3 semaines, avec de nombreux changements, notamment la barre à la nage qui me demande une attention supplémentaire et c'est une chose que je n'avais pas à faire auparavant. Insinuer que nous avons saboter la course ou du moins pas tenter les choses serait vraiment nous enlever tout esprit sportif. Ce qui n'est pas le cas.
En suivant sur l'écran géant j'ai constaté une vraiment très faible montée de cadence, loin de ce que j'avais pu constater sur d'autres de vos parcours notamment l'année dernière à Munich???
Le bateau de l'année dernière avait toute une saison de courses en plus. Vous n'avez qu'à regarder ne serait-ce même que la finale de Lucerne, 1mois et demi avant les Mondiaux et vous verrez que la course n'a pas non plus la même physionomie. Nous nous faisons battre par les Russes et nous sommes très proches des Tchèques alors qu' 1 mois après nous sommes au coude-à-coude avec les Polonais.
Laissez nous monter en puissance et apprendre de chaque parcours. Il n'y a qu'une course qui importe...et nous savons laquelle depuis 4 ans!
Pour conclure, je dirais juste que les éléments permettant de faire un Quatre de Couple sont divers et complexes. Même nous, de l'intérieur, nous ne pouvons pas juger seuls de la situation. L'objectivité n'est faite que lorsque plusieurs visions se recoupent. Je pense qu'il faut savoir peser ses mots avant de se lancer dans des déductions hâtives qui ne font en rien avancer le problème.
La situation n'est pas évidente...mais on en reparle avec plaisir en Août quoiqu'il arrive!
Cordialement
Julien Bahain
Publié le 19/03/2008 à 12:00 par julienbahain
Depuis quelques jours, nous assistons à un réel débat sur les Jeux Olympiques de Pékin. Au journal de 13h du 18 Mars, nous avons pu entendre Romain Mesnil s'exprimer sur le sujet. Chaque bulletin d'information télévisé traite actuellement du problème. Suite à plusieurs questions, je souhaitais aborder la question de mon côté.
Au risque de radoter, je peux vous affirmer que les Jeux Olympiques restent "LA" compétition dans des sports comme l'aviron où c'est pour nous le seul moment d'avoir un peu de lumière sur notre discipline et sur ce que nous faisons. Personne ne regarde notre circuit de Coupe du Monde ou nos Championnats du Monde. (Sauf quelques passionnés à 3h du matin sur les chaînes du cable!!).
Pour rien au monde je ne laisserai ma place pour les JO excepté dans le cas particulier où notre vie serait en danger (menace d'attentat, terrorisme, guerre,...). Je ne pense pas que la Chine soit un pays à risque aujourd'hui.
Néanmoins, cela ne m'empêche pas d'avoir mon avis sur la question chinoise mais je le dissocie bien du côté sportif.
La question qu'il faut se poser (et c'est celle qui me semble la plus judicieuse) est:
Pourquoi a-t-on donné les Jeux à la Chine?
Et il aurait fallu se la poser en 2001. Il est trop tard pour revenir sur cette candidature. Je me souviens encore de la décision du CIO, motivé par les promesses chinoises concernant les droits de l'homme, l'ouverture de leur économie,... . Tout le monde savait ce qu'était et ce qu'est la Chine. C'est un peu trop facile de prendre les sportifs en otage à 5 mois de l'ouverture de la compétition. Je crois qu'il ne faut pas tout confondre entre les enjeux politico-économiques et les enjeux sportifs. Malheureusement les jeux se jouent sur deux plans. L'aspect politico-économique prime peut-être un peu trop sur l'aspect sportif de nos jours. Les enjeux financiers sont énormes, les sponsors sont rois.
C'est peut-être aux officiels, aux Présidents d'États,...etc de jouer leur rôle, plus qu'aux sportifs de renoncer à leur rêve. Encore une fois, il ne faut pas tout confondre. Ce n'est pas parce qu'on est sportif qu'on n'a pas notre idée mais ce n'est pas à nous de régler le problème de fond. Je pense parfois de façon utopique et j'ose espérer que la venue des Jeux, le tapage médiatique feront peut-être bouger les choses. Car si des voix doivent s'élever à ce moment, elles pourront le faire aux yeux du monde entier.Donc si j'ai ma qualification dans moins d'un mois, OUI j'irai au Jeux...
Je vais conclure ce message en citant un ami triathlète, Frédéric Belaubre, qui lui aussi est confronté aux mêmes questions. Il y répond de belle manière sur son site que je vous invite à visiter (http://fred-belaubre.onlinetri.com/).
Il y dit:
"BILAN:Le prototype du parfait boycotteur: Août 2008, assis sur son canapé, un tee-shirt fabriqué en Chine sur le dos (sans oublié le PC sur le bureau, la voiture dans le garage, le lecteur mp3 sur la table, et le téléphone portable dans la poche... et oui, difficile de trouver un de ces appareils qui n'ait pas une pièce fabriquée ou assemblée par des petites mains Chinoises), une bouteille de la célèbre marque rouge et blanche au cola à la main (sponsor des J.O. et partie prenante du choix de la Chine comme pays organisateur pour des raisons économiques), mais surtout... oui surtout... il est fier de contempler sa télévision, éteinte, pour dire NON à ce qui se passe en Chine, et de ce fait améliorer la situation. (...)
CONCLUSION: Voilà mon avis, je suis peut être trop optimiste, certain diront même naïf, mais tout dépend de l'état d'esprit dans lequel on se place. Ma participation à cette manifestation interplanétaire influence surement ma façon de voir les choses, et de chercher à les faire avancer. Mais souvenez-vous Cathy Freeman, cette "aborigène" qui courait pour l'Australie en 2000. Aurait-elle dû boycotter sa course, ou donner le meilleur d'elle même, faisant ressentir un pincement dans le coeur de tout Australien, qui comprenait à cette seconde que la vie ne s'arrête pas à ces mésententes raciales qui durent pour on ne sait quelles raisons. Cette "aborigène" ambassadeur de son pays, ou même les "Black Panthère" en 1968, ont permis grâce au sport et à l'esprit Olympique de changer les choses.
Le mot de la fin est qu'en réalité, c'était il y a 6 ans qu'il fallait se manifester pour boycotter quoi que se soit par rapport à des Jeux Olympiques qui se dérouleraient à Pékin en 2008. Lorsque la Chine a été choisie comme pays organisatrice, personne ou trop peu de monde ont fait entendre leur mécontentement et désaccord avec le régime Chinois.
Le boycotte est à la mode, et ne pas regarder les Jeux à la TV cette année servira surtout à se déculpabiliser par rapport à la politique Chinoise, qui fait l'actualité aujourd'hui. Tout ça au moment où des atrocités se passent ailleurs, au moment où les Athlètes remportent des médailles, et au moment où la plus part des gens suivent leur vie habituelle... Mais quoi qu'il en soit, je pense qu'il vaut mieux ouvrir la bouche sur les problèmes plutôt que fermer les yeux et se boucher les oreilles. Quand on y pense, c'est bizarre de manifester pour la liberté d'expression, en refusant toute information... "
Merci Frédéric pour ces paroles pleines de sagesse
Publié le 20/01/2008 à 12:00 par julienbahain
Comment gérer deux projets exigeants en même temps ?
Mon expérience aidera peut-être certains et certaines à pouvoir y voir plus clair et à effectuer les bons choix. J’ai dû à l’âge de 18 ans choisir quel chemin prendre car jusqu’alors j’avais effectué un parcours normal de Lycéen en pratiquant l’aviron à côté. Mais à ce stade se posent des questions précises :
Que faire comme études ?
Quel est mon projet sportif et mes ambitions ?
Quels moyens suis-je prêt à mettre en place ?
Autant de questions auxquelles j’ai trouvé des réponses. À partir du moment où j’ai eu pris ma décision (partir à Compiègne et entrer pleinement dans un projet sportif), j’étais sûr du bon choix que j’avais fait. Être sûr de son choix et n’avoir aucun regret sont des conditions importantes avant de se lancer dans un double projet de vie.
Ensuite j’ai planifié chacun des projets en me fixant des points de passage, des « check points » qui me permettent de voir où j’en suis et de me fixer une ligne de conduite.
J’ai donc organisé mes études sur mes 6ans et je me suis donné des objectifs à remplir à l’aviron. Je m’y suis tenu et je m’y tiens encore. C’est la 2ème condition selon moi pour réussir. Être organisé et rigoureux permet d’anticiper les évènements, de contrôler et de maîtriser ses projets. J’ai donc une sorte de « feuille de route » que je remets à jour si nécessaire côté étude et côté sportif, mes objectifs ont évolué avec le temps. À 18 ans, mon objectif en 1ère année de senior était d’être le meilleur -23ans et de me qualifier pour les JO quatre ans plus tard. Se fixer des objectifs difficiles mais réalisables est aussi une condition importante. Ensuite, on met les moyens nécessaires pour y parvenir.
Comme certains le savent, ma progression sportive a été plus rapide que prévue. Il faut donc réactualiser, modifier, adapter ses objectifs face au changement. Par exemple, à 18 ans, mon objectif était de participer aux JO. Aujourd’hui il est d’être Champion Olympique en Août.
Il en a été de même dans mes études.
L’adaptation est aussi un critère nécessaire à la bonne conduite d’un double projet.
Savoir pourquoi on réalise deux projets qui requièrent l’excellence et surtout savoir ce qu’on cherche à acquérir : voilà ce à quoi il faut aussi réfléchir. Cette voie n’est pas une voie facile à suivre. On est constamment confronté à des difficultés, à des échecs, à des réussites qui peuvent faire basculer notre tête dans l’un ou l’autre des projets. C’est pourquoi il est aussi important d’identifier les raisons de notre choix de vie car lorsque cela commence à devenir dur (et cela est fréquent !), on peut se raccrocher à l’origine de notre projet.
Personnellement je me rappelle que je souhaite avoir une formation d’ingénieur pour utiliser mes compétences pleinement et en même temps pouvoir exploiter mes capacités physiques dans un sport qui m’apporte satisfaction tant sur le plan mental, que sur le plan physique (connaissance de soi, esprit d’équipe, aller au bout de soi même,…).
Ce que j’ai mis en place pour mener de front mes deux projets peut se rapprocher de la vie professionnelle et notamment de la gestion et du management en entreprise. Il me faut développer des compétences concernant la gestion d’équipe, la gestion du stress, la gestion de projet (court et moyen terme), l’optimisation des performances individuelles et collectives, la réaction face à l’obligation de performance, … .
Je commence petit à petit à identifier mes schémas de fonctionnement. Je prends donc conscience de ce que je mets en place pour réussir à conjuguer deux vies en une ! N’hésitez pas à me poser des questions car j’ai eu des choix à faire aussi et je sais que cela n’est pas facile : mais quand on veut, on peut !
Bon courage à tous.